


|
Source texte : http://www.estrepublicain.fr Presque tout Domptail-en-l'Air est à acheter. Les propriétaires sont prêts à céder leurs maisons avant qu'un possible champ éolien ne les déprécient.
Domptail-en-l'Air respire mal. Il y souffle un vent de contestation.
Des tracts sont collés sur les balises dans les virages, et des gros « NON » peints en lettres fluo ou rouges, fleurissent sur le bitume de la petite route tortueuse qui mène à la petite localité perchée sur sa colline. « Projet éolien=village sinistré », « à vendre », lit-on sur la grande majorité des maisons que leurs propriétaires sont prêts à vendre avant qu'elles ne se déprécient, selon eux de 20 à 40% supplémentaires dans un marché immobilier déjà touché par un début de dépression.
Les villageois ne se soucient pas seulement du prix de la pierre et défendent chèrement la préservation du paysage, ces rondeurs vertes du Bayonnais qu'ils estiment menacées. Domptail-en-l'Air « a la « chance »' d'être à l'intérieur d'un triangle avec six éoliennes d'un côté, six sur un autre et quatre sur le troisième », ironise Jean-Charles Cuny, le maire de Froville qui, à travers cette évocation géométrique vient de dessiner le périmètre d'un même projet de champ éolien de 16 unités réparties sur les trois sites de Velle-Ferrières (4 éoliennes), Méhoncourt-Romain (6 éoliennes) et Bayon-Haigneville-Brémoncourt (6 éoliennes). Ce dernier concerne de près l'élu qui ne veut pas voir une pale « en face du prieuré roman de la commune ».
Hier matin, Domptail-en-l'Air ne concentrait pas le seul mécontentement de ses habitants, mais aussi la contestation de Villacourt, Haussonville, Froville, Saint-Germain, Saint-Mard, Saffais, Bayon, Laneuveville-devant-Bayon, Neuviller-sur-Moselle, Lebeuville et Leménil-Mitry, siège de l'association pour le développement durable du Bayonnais. Des communes concernées de près ou de loin par un dossier qui échappe à la nouvelle réglementation appliquée depuis 2007 sur les ZDE (Zones de Développement de l'Éolien) et qui donne aux préfets le pouvoir d'accepter ou de refuser la naissance de nouveaux sites.
Les 16 éoliennes ''incriminées'' relèvent donc d'une pratique antérieure selon laquelle un promoteur prenait contact avec un propriétaire foncier avant de déposer une demande de permis de construire devant le conseil municipal. Un système que le législateur a considérablement modéré aujourd'hui, mais qui a participé à la prolifération des grandes hélices, aidée de surcroît par la perspective des retombées financières agitée par les promoteurs devant le propriétaire du terrain et sa commune. « Au début les élus se frottaient les mains », précise Jean-Charles Cuny. Mais les explications données par la trésorerie générale freinent un peu l'enthousiasme.
|